Shiness: The Lightning Kingdom

Shiness
The Lightning Kingdom
Date de sortie : 18 Avril 2017
Support du test : PC
Langue : 
Date du test : Mai 2018
   Chado, un Waki, dispose de l’étrange pouvoir de communiquer avec les esprits élémentaires, qui vont l’enjoindre à rejoindre une terre légendaire et inconnue. En route, il fera la connaissance de bien des personnages qui l’accompagneront dans sa trépidante quête pour sauver le monde.
Introduction :
   J’ai bien du mal à parler de Shiness, tant je suis mitigé sur le résultat final. Je m’y suis mis, attiré par sa jaquette colorée qui n’était pas sans rappeler le travail d’Ankama sur Dofus, tant dans les couleurs chatoyantes que dans la disposition des personnages… Mais voilà. Ce n’est clairement pas un jeu d’Ankama. Loin de là, même…
   Pour la faire courte : les idées sont géniales, mais la réalisation finale souffre vraiment du manque flagrant d’expérience de l’équipe de développement. Si, généralement, voir des indé se lancer dans un jeu ne me gêne pas, là j’ai vraiment le sentiment que les gars ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Alors ils ont pompé, comme des prostituées sous LSD, plein d’idées à droite et à gauche, en espérant que le résultat final soit correct. Et il l’est, correct. Mais guère plus.
   Par quoi commencer ? Dans les grandes lignes j’ai appris (après coup) que ce soft est de production… française. Contrairement au Cinéma, je n’ai aucun a priori sur les boîtes de prod vidéo-ludiques tricolores. Clairement, on est plus dans les années 90. Le jeu-vidéo en France, c’est Ankama, Ubisoft, Spider (je vous aime, putain), Quantic Dream… bref de très bons studios qui ont su tirer leur épingle du jeu et prouver que la France n’avait pas à rougir face aux géants Américains ou Japonais.
   Du coup, je pose les bases de cette critique : je ne serai pas indulgent. Ni parce que le jeu est le premier du studio, ni parce qu’il a été financé par Kickstarter, ni parce qu’il est français. Et par moment, ça va faire mal ! Vous voilà prévenus…
Graphismes :
   Bon, on commence les choses doucement. Le studio est vraiment doué, du moins à mon point de vue. J’ai trouvé la patte graphique très très bonne, voire enchanteresse par moments. La multitude de races, d’environnements, et la qualité du Cell Shedding sont très appréciables…
Sauf que le jeu est sorti en 2017 et a clairement l’air d’un soft PS3. Un bon soft PS3, mais PS3 quand même. Un réel effort aurait pu être fait sur les animations, notamment des visages, autant que des textures (certaines sont franchement ignobles et ne passent pas du tout en 2017, surtout au niveau des navires volants).
   Oh, et, les gars : si je n’avais pas vu sur votre site que le graphisme était « manga », je n’y aurais pas cru… Pour moi on est plus sur de la BD à la française que sur du Manga… et j’aimais ça ! Vraiment ! Alors pourquoi vouloir vous prostituer en faisant du simili-japonais ? Si c’était pour flatter la queue des journalistes de Télérama, il va falloir comprendre que non, ce ne sont pas eux qui vont acheter vos jeux hein…
   Autre point qui m’a frustré, lié étroitement aux graphismes : le level design. Sérieusement, il est OÙ le level design ?! Pour la cohérence d’un univers, il faut qu’on se sente happé, immergé, que tout soit à sa place… Dans Shiness c’est bien simple : on a rapidement le sentiment que le monde est fait pour être une énigme, pour avoir ses petits secrets, même si ça fout complètement en l’air l’immersion et la cohérence globale. Non, non et NON. Un level design est IMPORTANT (même si je n’en parle dans pratiquement aucune fiche… parce que ça coule de source).

Bande-Son :
   Du lourd. C’est tout ce que j’ai à dire. Les osts sont passables et servent bien l’action, okay. Mais merde… vous avez vraiment créé une langue pour le jeu ? Et en plus vous en avez fait une chanson ?
   Je vous tire mon chapeau, vraiment, c’est un exploit… totalement inutile, mais c’est un exploit. Et je vous en félicite. Vraiment.
Scénario :
   L’univers est… riche. Oui, très très riche… trop ? Je n’en suis pas loin de le penser. Comment dire… trop de races, trop de singularités, trop de trop. Du coup oui, l’univers est riche… pour qui accepte de faire l’effort de s’y plonger. Pour les autres (et j’en fais partie), c’est juste une monstrueuse perte de temps.
   Quand au scénario en lui-même… Il est d’une affligeante banalité. Tout est un resucé de choses connues, mille fois prémâchées et prédigérées, sans aucune subtilité. L’humour y est omniprésent, c’est bien ! Sauf qu’il ne m’a jamais décroché un seul sourire de TOUT le jeu. Tout y est trop gros et peu subtil… Bref, raté. De pas grand-chose, mais raté.
Gameplay
   Recette pour faire le gameplay de Shiness, pour un joueur :
Prenez un système de combat de Tales Of Xillia
Mélangé au système de Shi de Magna Carta
Ajoutez-y quelques pincées de Solatorobo.
Servez très chaud.
   Rien d’original, mais qui ensemble, donne une sauce assez particulière. Oui, très particulière. Quelqu’un a dit « rance » ? Pas moi en tout cas… Trop de combos, trop de commandes, trop de magies, trop de trop… Le jeu est un gloubiboulga, un méchoui infâme qui ne sait jamais sur quel pied danser ; à tel point qu’il perd son joueur dans des circonvolutions infectieuses. 
   Vraiment, hein. C’est ignoble. Au final, j’ai pexé comme un porc et tatanné les mobs à grands coups de latte dans la gueule sans aucune subtilité… Sauf pour UNE. UNE seule putain de technique qui, sans déconner, va vous sauver la vie durant tout le jeu : un coup de pied tournoyant du héros, Chado, qui Zlatanne tout ce qui bouge.
   Qu’ajouter ? Il y aurait tant à dire… Vraiment trop même. Les phases de plate-forme sont ignobles. La
caméra est dégueulasse pendant les combats, alors que le jeu demande de la technique et de la stratégie. Certains boss sont inutilement insensibles à vos coups (le trio de squelettes m’a bien cassé les couilles au lieu de m’amuser). Les énigmes, bonnes pour des gosses de CM1. Bah… conclusion, qu’on en finisse.
Conclusion :
   Vidéo-ludique. Voilà le plus grand mal de Shiness : The Lighting Kingdom. Le jeu est beaucoup trop… jeu-vidéo, que ce soit dans son level design, ses Ost, son gameplay, ou même son scénario. On sent bien toute la passion des développeurs pour bien des univers connus, et le résultat final en pâtit sévèrement.
   Pourtant je lui ai mis au-dessus de la moyenne. Pourquoi ? Serais-je un sombre connard qui vous ment en disant que je ne serais pas complaisant ? Oui, je suis un sombre connard. Et je fais ce que je veux. Nah.
   Mais plus encore, je dirais que Shiness est un jeu qui est parvenu à toucher ma corde sensible, à me remuer de l’intérieur. Concrètement, chaque phase de gameplay tiré d’un autre jeu était pour moi comme un bonbon enrobé de miel, un doux souvenir de ces intenses moments passés. Les graphismes chamarrés m’ont vraiment fait voyager, de même que le design global de ces créatures que l’on découvre petit à petit. J’ai aimé ce petit retour en enfance, tant dans sa narration niaise que dans ses erreurs de jeunesse. Donc non, Shiness n’est pas un flop. C’est un jeu moyen, sans plus ni moins, mais qui me laissera un arrière-goût sucré en bouche loin d’être déplaisant. Et j’attendrai, avec impatience, la sortie des autres jeux de la firme. Car ils ont du potentiel, vraiment.
Pas de note

   J’ai vu le trailer qui n’a rien d’onirique. Et ça ce n’est pas du MANGA !! Juste de la BD française avec le style d’Ankama ! Non merci.

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