Auteur(e) : John Green

Date de publication : 2012

Date de lecture : Août 2018

Genre/Thème : Fiction; drame

Nombre de pages : 384

   Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence…. les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

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   Pas lu.

9/10

  Je savais dès le début que je me plongeais dans un drame. Ce livre fait beaucoup de bruit alors j’ai sauté sur l’occasion.

   J’ai adhéré dès les premières pages. La plume est fluide, se lit avec une grande facilité. On suit l’histoire du point de vue d’Hazel Grace, cancéreuse depuis 3 ans. Elle est franche dans sa façon de penser, lutter contre la maladie n’a rien d’héroïque, ça la révolte même d’entendre ça. Elle trouve que les cancéreux qui récoltent des fonds pour leur propre maladie sont narcissiques et propose plutôt que ces derniers montent un organisme pour les gens atteints de choléra par exemple. Elle a une vision tranchée de son existence, a conscience qu’elle va y passer tôt ou tard. Mais elle tombe amoureuse d’Augustus Waters, rescapé d’un ostéosarcome qui lui a arraché une jambe. Un amour singulier, deux adolescents qui se savent condamnés et s’octroient ces fugaces instants de joie… Et c’est par cette prise de conscience qu’ils trouvent que la vie est belle, qu’ils aimeraient survivre.

   J’ai détesté l’écrivain Van Houten et j’ai eu mal pour elle qu’elle subisse une telle désillusion, elle qui l’adulait, avait trouvé un sens à sa vie grâce à son livre… Bon je me suis douté dès leur rencontre du pourquoi du comment, révélé à la fin. Il n’empêche que je l’exècre. Si je rencontrais un auteur que j’adore et que je vivais ça, ce serait un sacré coup dur…

   Il y a beaucoup de remise en question sur notre place dans ce monde, cet état de conscience qui paraît puis disparaît à notre mort.

« – On n’est jamais sauvés que provisoirement, a répliqué Augustus. Je leur ai fait gagner une minute. Mais c’est peut-être la minute qui leur fera gagner une heure, qui se trouve être l’heure qui leur fera gagner une année. Personne ne leur fera gagner l’éternité, Hazel Grace, mais ma vie leur a fait gagner une minute. Et ce n’est pas rien. »
 
« Tout ce que je sais du paradis et de la mort est là, dans ce parc : un univers élégant en mouvement perpétuel, grouillant de ruines croulantes et d’enfants qui crient. »
 
« Un jour viendra, ai-je dit, où nous serons tous morts. Tous. Un jour viendra où il ne restera plus aucun être humain pour se rappeler l’existence des hommes. Un jour viendra où il ne restera plus personne pour se souvenir d’Aristote ou de Cléopâtre, encore moins de toi. Tout ce qui a été fait, construit, écrit, pensé et découvert sera oublié, et tout ça, ai-je ajouté avec un geste large, n’aura servi à rien. Ce jour viendra bientôt ou dans des millions d’années. Quoi qu’il arrive, même si nous survivons à la fin du soleil, nous ne survivrons pas toujours. Du temps s’est écoulé avant que les organismes acquièrent une conscience et il s’en écoulera après. Alors si l’oubli est inéluctable pour l’humanité t’inquiète, je te conseille de ne pas y penser. C’est ce que tout le monde fait. »

   Chaque instant du livre se vit en soi. Chaque seconde est précieuse. Hazel décrit chaque moment, ses tergiversations mentales à sa douleur, en passant par les paysages qu’elle admire. La visite d’Amsterdam était fort sympathique. Le musée d’Anne Franck un bon parallèle à ses défis intérieurs.

   Les parents d’Hazel sont toujours sur le qui-vive, rongés par l’angoisse. Ils couvent leur enfant en sursis de fait. Elle étouffe et aimerait plus de liberté, ce que son corps ne lui permet guère. Trop marcher l’épuise, ses poumons se remplissent d’eau cancéreuse qu’il faut prélever. Une triste vie qu’elle n’a pas demandée. Et ce qui m’a interpelée dès le départ, c’est quand elle en a voulu à ses parents de ne pas la laisser partir, quelques années plus tôt. Elle a détesté leur égoïsme. Je m’imaginais qu’au contraire, à ce stade elle s’agripperait à la vie par tous les moyens en puisant dans leur amour, mais non. Elle voulait partir en paix. Mais la remarque de sa mère « Je ne serai plus jamais Maman… » l’a retenue. Une remarque qui rebondit sur le livre qu’elle aime tant : Une Impériale Affliction qui traite d’une leucémique appelée Anna. Le livre se finit en plein milieu d’une phrase et Hazel suppose que c’est parce qu’Anna est morte. Elle aimerait toutefois connaître la fin et songe que les autres personnages continuent de vivre même si le protagoniste principal décède. Ce qui la ramène au deuil que vivra sa mère une fois partie.

   Il n’y a eu aucune surprise dans le déroulé scénaristique pour moi. J’ai tout vu venir à des kilomètres. Ce qui ne m’a pas empêchée de vivre chaque page avec beaucoup d’émotion.

   Nos étoiles contraires est un livre poignant, très touchant, qui ne laissera personne insensible. La vérité est crue, sans faux-semblants. Et c’est ce que j’ai aimé, même si c’était dur.

   Le film est un échec mais j’en parlerai dans sa chronique dédiée. Donc, optez pour le livre qui, lui, délivre un vrai message. Il n’y a pas d’héroïsme à souffrir et crever. Pas de combat. Rien de tout ça. Juste une fille intelligente et désabusée qui explique tout cela de façon crue. On vit dans les souvenirs des autres, qui finissent par s’éteindre à leur tour, tels des étoiles…

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