Auteure : Gail Carriger

Date de publication : 12 Mars 2014

Date de lecture : Mars 2019

Genre/Thème : Steampunk, Espionnage, Fantastique

Nombre de pages : 384

   Angleterre, début du XIXème siècle. Sophronia, 14 ans, est un défi permanent pour sa mère : elle préfère démonter les horloges et grimper aux arbres plutôt qu’apprendre les bonnes manières ! Mme Temminnick désespère que sa fille devienne jamais une parfaite Lady, aussi l’inscrit-elle au Pensionnat de Mlle Géraldine qui s’attache au perfectionnement des jeunes dames de qualité.

   Très vite, Sophronia comprend que cette école ne correspond pas exactement à l’idée que sa mère s’en faisait. Certes, les jeunes filles y apprennent l’art de la danse, celui de se vêtir et l’étiquette, mais aussi celui de la diversion, de l’espionnage et de l’acte de donner la mort – tout cela de la manière la plus civilisée possible, bien sûr. C’est une chose d’apprendre à faire une révérence comme il faut, c’en est une autre d’apprendre à la faire en lançant un couteau…

Pas de note
0/10

   Pas lu.

8/10

        Premier roman que je lis de cette Californienne. J’aurais juré qu’elle est Anglaise jusqu’à ce que je vérifie. Car tout, absolument tout, jusqu’à son style vestimentaire, est british ! Elle ne commande son thé qu’à Londres par ailleurs. Quand je vois ses photos, j’ai l’impression d’y découvrir une dame raffinée d’une enquête d’Hercule Poirot. Quasiment toutes ses tenues sont élaborées. Oui je sais, c’est étrange comme intro pour une chronique. Mais ça a son importance car l’auteure adore l’époque victorienne et fait évoluer ses personnages dans un univers steampunk ! Et c’est un genre trop peu connu dans la littérature.

      J’ai eu un peu peur au début quand le Capitaine Niall (Loup-Garou) et le Professeur Braithworth (Vampire) rentrent en scène. Je me suis dit « Pitié, pas du bit-lit… » Fort heureusement, il n’en est rien. Ils sont là, exercent dans l’art de conserver un haut-de-forme à quatre pattes, enseigner qu’il vaut mieux troubler un vampire en lui jetant de la sauce plutôt que l’affronter.

      L’humour british est délicieux. Je n’ai pas d’autre mot. Rien n’est jamais grossier, la créativité est au rendez-vous avec une académie qui flotte à l’aide de ballons. C’est ingénieux, attachant, se lit très vite.

      Toutefois, je me demande s’il ne faut pas commencer par Le Protectorat de l’Ombrelle pour bien s’immerger. Car moi, ça m’a troublé de trouver ces créatures, amenées là comme un cheveu sur la soupe. J’aurais aimé plus d’explications. Mais comme je sais que ça se déroule dans le même univers, je ne peux blâmer l’auteure, j’ai peut-être plongé dans le mauvais tome.

      Je trouve l’idée de formation en espionnage sympathique. Il y a l’académie pour filles qui flotte, et Bunson, celle pour ces messieurs, sur terre. On balance des tas d’informations : les hauts-de-forme avec un ruban vert appartiennent aux Vinaigriers, des gens dangereux. Il y a les Pistons aussi, des garçons qui sèment le désordre aux fêtes.

      J’ai du mal à intégrer l’idée que Melle Géraldine, la Directrice, ne soit pas au courant pour les recrues formées. Ni même que Monique soit simplement rétrogradée en première année pour avoir volé le Prototype, qui est au cœur du scénario. Prototype dont on ne saura jamais rien… Et ça c’est un mauvais point. Oui il y a une suite, mais quand on écrit un roman, on le termine dans les moindres détails tout de même, pour ne pas frustrer le lecteur. Or là… eh bien ça m’a déçue.

      Fort heureusement c’est bien écrit, j’ai passé un agréable moment. Mais une telle fin rend ce thé un peu amer, et je le préfère sucré et gourmand.

Extraits

« Mon Dieu, dit Sophronia. On dirait une chenille qui a trop mangé. »

Et c’était le cas. Ce n’était pas tant un dirigeable que trois engins agglutinés pour former une longue chaîne de ballons oblongs et dilatés. Sous eux pendillait une série de ponts à niveaux multiples, pour la plupart ouverts sur l’extérieur, avec des fenêtres qui reflétaient le soleil mourant. À l’arrière, de colossales hélices brassaient lentement l’air et au-dessus d’elles ondulait une immense voile – probablement destinée à la navigation plutôt qu’à la propulsion. Une grande quantité de vapeur dérivait à l’arrière des ponts inférieurs, se mêlant à la brume comme si elle était responsable de sa création. Trois grandes cheminées soufflaient paisiblement de la fumée noire. »

 

« – Peut-être, mademoiselle Pelouse, comme vous savez tout si bien voudriez-vous nous montrer comment on s’évanouit dans une salle de bal bondée d’une façon qui attire l’attention d’un unique gentleman ? Sans froisser votre robe. »

 

« L’algèbre était bien plus intéressante quand il s’agissait de calculer combien de côtelettes étaient nécessaires à l’empoisonnement de seulement la moitié des invités d’un dîner et puis de déterminer s’il était plus économique d’acheter un antidote plus cher, mais plus efficace, que de recourir à un remède maison. Sophronia fut un peu troublée par le contexte, mais ne put contenir son intérêt pour la nature macabre des calculs. »

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