Fallout 4

Fallout 4
Date de sortie : 10 Novembre 2015
Support du test : Ps4
Langue : 
Date du test : Août 2017
Fallout 4 est un RPG à la première personne se déroulant dans un univers post-apocalyptique. Dans un monde dévasté par les bombes, vous incarnez un personnage solitaire sortant d’un abri anti-atomique qui doit se faire sa place dans la ville de Boston et de ses environs.
Jeu de base – 4/10
Jeu horriblement moddé : 10/10
   Introduction :


   Il y a des fiches que l’on peine à faire, que l’on repousse inlassablement, encore et encore, en se disant continuellement qu’on n’a clairement pas assez de recul pour en parler avec exactitude. Et puis on se met à compter…
   Voilà 2 ans et demi qu’il est sorti. Environ 2 ans que je le possède, et autant de sessions intenses et exceptionnelles, perdues dans les méandres du Wasteland du Commonwealth.
   Alors peut-être est-il temps pour moi d’en parler. Peut-être est-il temps de m’épancher sur ce qui est, pour moi, le merveilleux échec de la saga Fallout.

    Ah Fallout… Mes premiers amours avec la série remontent à 1999. J’avais alors 12 ans, et le premier véritable ordinateur venait d’entrer à la maison à une époque où c’était encore chose assez rare dans les logis.
   Avec l’achat de cette machine (que mon abruti de père ne voyait guère plus que comme une console de jeu un peu onéreuse), je me suis vu offrir trois jeux. Dracula : l’ombre des Carpates, Créatures, et… Fallout. 12 ans. Oui, vous avez bien lu. À cette époque, les jeux-vidéo étaient encore considérés comme un loisir pour enfant, personne ne voyait le mal, personne… (pour la petite anecdote, ce n’est qu’une petite année plus tard que je découvrais Blood).
   Alors chèrs parents, que les choses soient claires : ne vous attendez pas à ce que vos bambins grandissent normalement quand vous mettez dans leurs jeunes mimines innocentes des œuvres traitant allègrement de viol, de meurtre, de mutations génétiques, etc… Première partie, je me suis retrouvé marié de force avec une paysanne menacée par le fusil de son père, avant de me faire bouffer l’oreille sur un ring crasseux. Fallout était violent. Horrible. Impitoyable. Mais ce n’était rien en comparaison de… Fallout 2.
   Puis la licence a été rachetée par Bethesda, qui a pondu un 3e opus passable et, avec le recul, franchement mauvais. Heureusement qu’Obsidian nous a fait à nouveau rêver avec New Vegas et son côté cru, sale, immonde même ; à l’image de ce qu’est réellement l’humanité.
   Et puis Fallout 4 est arrivé. Mon premier jeu de Ps4. Je ne compte plus le nombre d’heures passées dessus. Alors quid de ce dernier épisode ? Est-il un chef-d’œuvre ou un échec ? Étrangement, mes amis, pour moi il est les deux à la fois.



   Graphisme :


   Sublime. Tout simplement. Les efforts fournis depuis le 3e opus (et même Skyrim) sont palpables. Le titre est immersif et prenant, incroyablement dense et riche, bien loin des contraintes souterraines de son prédécesseur. C’est un plaisir pour les mirettes, vraiment… Vraiment ?

   Et non. Oui je sais, je vais beaucoup me contredire seul durant cette loooooongue fiche. C’est normal.

    Qu’est-ce que je lui reproche ? Eh bien… l’idée que se fait Bethesda d’un hiver nucléaire n’a que peu changé depuis Fallout 3 : pratiquement aucune végétation, des ruines épars partout alentour, des bâtiments clos et copiés/collés dans plusieurs régions… et bien trop peu de diversité. Sérieusement, pourquoi n’avez-vous pas plus d’idées à nous proposer, pourquoi – surtout en voyant New Vegas – n’êtes-vous pas foutus de nous pondre quelque chose d’un peu plus… prenant ?
   Pour rester sur le côté graphique, les compagnons et les PNJs importants au scénario  font toujours autant Cartoon. Pis encore, on en vient rapidement à avoir l’étrange sentiment d’avoir « fait le tour du monde » sans même avoir atteint la moitié du jeu, tant les textures sont éternellement les mêmes. C’est fade, Dieu que c’est fade…

   Et je refuse l’argument du « oui bah c’est normal, des bombes sont tombées ». NON. C’était 200 ans plus tôt, les radiations ne sont plus présentes ailleurs que dans l’eau et dans le corps des Goules. Des arbres poussent. Des arbres, mais pas d’herbe ? Et pourquoi n’y a-t-il AUCUN CHANGEMENT DE SAISON ?! Merde, ce n’est pas parce que le monde est en ruine que la neige s’arrête de tomber, ou le printemps de revenir !

   De même, les nuits sont étrangement… Claires. Oui, trop claires. Dans un wasteland, sans aucune autre source de lumière que la pâleur de la lune, on est censé y voire goutte… et chaque pas doit être stressant, mortel.

   Par chance, de nombreux mods sont là pour améliorer l’expérience et le côté graphique du jeu…


   Scénario :
   Excellent. Vraiment, excellent. Pour une fois, le jeu nous met dans la peau d’un survivant d’avant la guerre, cryogénisé. Un vétéran, un soldat, un héros. La cinématique d’intro est grandiose, de même que le déroulé de la narration. En prime, le jeu est intégralement doublé et propose plus de lignes de dialogue que Fallout 3 ET Skyrim réunis. C’est un vrai pied de voir tant de vie, de pouvoir poursuivre autant de quêtes secondaires, autant que de découvrir la recherche désespérée d’un père pour retrouver son fils…

   Et c’est une déception tout à la fois. Un scénario de la sorte nous pose les mêmes soucis que FF XV reprendra, et qui lui aura valu tant d’inimitié. Pourtant, personne n’en parle pour Fallout 4. Pourquoi ?
   Je m’explique : Fallout 4 nous offre une histoire vraiment forte. Celle d’une vengeance, d’une vindicte, d’une recherche. Le héros est détruit par la mort de son épouse et par le kidnapping de son
fils… et donc on va passer des heures, des semaines, des mois même à… construire des habitations, aller chercher de la bouffe pour les survivants, repousser les pillards, fouiller chaque maison, chaque souterrain, chaque usine… pourquoi ? Non, sérieusement, pourquoi ?

   Il aurait été bien plus logique de torcher l’histoire principale rapidement avant d’offrir un monde ouvert et libre à explorer. Car comme Noctis et ses potes qui vont camper et prendre des photos alors que la guerre pointe, notre héros passe du bon temps au lieu de rechercher les meurtriers de son épouse. Dès les premières putains de secondes du jeu. Le manque de cohérence est rageant…

   Au moins dans Fallout 3, le héros n’avait pas réellement de but dès le début, sinon survivre dans un monde inconnu et impitoyable…

   Bande Son :
   On retrouve les thèmes chers à la série, et les musiques des années 30 sont sublimés par un choix absolument génial. Cerise sur le gâteau : le DJ de « Radio Diamand City » n’est autre que le doubleur d’Edward Elric, excellent dans sa performance comme à son habitude. Tout simplement jouissif…

   C’est une catastrophe. Le doublage du héros est totalement à la ramasse, sans qu’il soit possible de choisir ou de moduler sa voix. Alors oui, c’était pour des raisons de coûts… Mais merde, QU’IL FERME SA PUTAIN DE GUEULE ! À chaque fois qu’on veut juste passer un dialogue, il ponctue ce « choix » par un « hum hum ? », « Okay », ou encore « Ah bon ? ». Tout simplement horripilant.

   Pis encore, les musiques d’ambiance ne changent que rarement, alors que la B.O. est excellente ! On a l’impression d’écouter la même ritournelle en boucle, encore et encore, inlassablement… Au point qu’on en arrive à laisser la radio cracher les mêmes chansons en boucle…

   Gameplay :


   Beaucoup de nouveautés dans ce Fallout 4. La possibilité de customiser ses armes et bien sûr, le « housing ». Que de centaines d’heures passées à construire mes défenses, fortifier mes villes, accueillir des survivants, mettre en place des caravanes marchandes…. Vraiment, ce côté est tout simplement génial.

    Et totalement foiré. Car seules les « bases » sont modifiables, il est impossible de changer quoi que ce soit dans le reste des villes. Pourtant ce musé m’avait l’air d’une bonne base de repli, ce centre commercial d’un avant-poste de choix… Alors pourquoi dois-je m’amuser à essayer de fortifier un… Drivin ? Pourquoi ne puis-je pas faire « disparaître » les cadavres, ou élaguer l’herbe haute qui envahit et transperce les textures des maisons ? Et merde : pourquoi suis-je AUTANT limité pour la construction ? De même, les « survivants » qui vous rejoignent dans vos communautés sont… débiles. L’I.A. de ces péons est à chier, totalement incompréhensible, et aucun ne vous montrera la moindre gratitude. Ce ne sont que des PNJs, des vrais, des durs, à l’ancienne ; sans la moindre ligne de dialogue superflu. Des âmes en peine qui vont errer dans vos bâtiments, à moins que VOUS leur disiez d’aller se coucher dans tel lit, de travailler à tel endroit… Merde, faut aussi que je leur tienne la queue pour aller pisser ? 

    De même, j’aurais aimé voir des modifications et des évolutions dans les structures. Exemple simple : Sanctuary. La première ville et, a fortiori, la première communauté. Le petit groupe de survivants que vous y amenez va SANS CESSE renforcer les murs, reconstruire les maisons… Sans qu’aucune texture ne change jamais, sans but ; là ou vous construisez une putain de maison en moins de temps qu’il vous faut pour abattre une goule… Au final, on a le sentiment de voir des Sims un peu cons qui passent leurs journées à frapper à coups de marteau sur le même clou…

   Concernant le reste du jeu, le gameplay est globalement le même que dans Fallout 3, et oblitère totalement les ajouts incroyables et les ajustements de New Vegas, comme si les gars de chez Bethesda étaient jaloux du boulot d’Obsidian. Plus de recul sur les armes, plus de coups surpuissants en visant la tête, plus de longues traques solitaires en quête d’un poste de tir pour dégommer du Raider à coup de fusil à lunette. Pis encore, aucune de mes armes ne s’est jamais enrayée. Alors je ne sais pas si c’est un bug de mon jeu, ou s’ils ont retiré cette fonctionnalité… mais c’est débile, irréaliste.

   De même, attendez-vous à douiller. Car vos ennemis sont des sortes de super-héros avec des yeux bioniques. Tous. Même le dernier des junkies défoncé au Jet et au Whisky du matin au soir. Même dans la nuit, sous une pluie torrentielle, en courant en zigzag ; ils vous toucheront. 

   Je finirai en parlant du mode Survie, grand ajout de New Vegas absolument jouissif : un mode ou l’eau compte, où il faut se nourrir et dormir régulièrement. Alors quand j ‘ai vu qu’il avait été implanté dans Fallout 4, j’ai jubilé… pendant quelques secondes.

   Car même ça, ils l’ont gâché. Ils ont transformé le mode « survie » en difficulté maximale. Non les gars, ce n’est pas ce que JE veux. Pourquoi supprimer la plupart des sauvegardes pour les limiter aux lits et à quelques checkpoints précis ? Pourquoi avoir ENCORE renforcé les ennemis, vous donnant le sentiment d’être une pauvre sous-merde alors que vous êtes un héros de la guerre ? Et paradoxalement, il n’a jamais été aussi simple de trouver de la nourriture et des boissons. Il y en a littéralement PARTOUT dans le jeu, à tel point que se nourrir et boire ne devient qu’une corvée au lieu d’un véritable ajout de gameplay bien stressant…


   Conclusion :


   Comme toujours, j’aurais encore bien des choses à dire sur ce jeu. Des centaines de points à soulever, de merveilles autant que de déceptions ; mais je pense que vous avez saisi l’idée. Soyons sérieux deux minutes : arrêtez le massacre, Bethesda. Laissez la licence aux mains expérimentées et habiles d’Obsidian, ou enterrez-la. Wasteland 2 est un bien meilleur jeu post-apo. State Of Decay un bien meilleur jeu de survie. Une fois encore, vous vous êtes plantés en beauté… même si je ne parviens pas à arrêter de jouer à ce titre exceptionnel, riche et prenant. Mes sentiments sont partagés, alors je conclurais simplement : jouez à Fallout 4. Mais jouez-y avec des mods. Beaucoup de mods.



Pas de note

Pas fait.

Laisser un commentaire

Fermer le menu