Civilization VI

Civilisation VI

Date de sortie : 21 Octobre 2016

Date du test : Février 2017

Langue : Français

Plate-forme : PC

Genre : Stratégie, Gestion

Civilization VI sur PC est un jeu de stratégie proposant au joueur de régner en maître sur le monde au fil des siècles. C’est le sixième opus de la saga reconnue des Sid Meier’s Civilization. Civilization VI renouvelle les codes de la licence : développez votre empire à travers la carte, faites progresser votre culture et tenez tête aux plus grands dirigeants de l’histoire.

7/10

   On peut dire qu’il y a une vieille histoire de cœur entre moi et les jeux de gestion. Des Themes (hospital, Park, etc…) à Dongeon Keeper en passant par The Settler ou Anno, j’ai toujours aimé avoir le contrôle et pousser les limites de la bêtise humaine jusqu’à son paroxysme.
On peut le dire également, entre moi et Sid ça n’a pas toujours été rose. J’ai rêvé sur les premiers Civ, ai voyagé avec Pirates! et…bah c’est tout. Bien que père incontestable du jeu de gestion, grand manitou dans le milieu au statut d’icône incontestable (bon okay, peut être pas au rang d’un Jon Van Caneghem, d’un Lord British, ou d’un Tim Shaffer) ; il ne faut pas oublier non plus son statut de gentil pépère tranquille… Après tout, depuis le premier Civ et l’excellent Pirates…il n’a pas fait grand-chose !

Civ 5 avait été pour moi un vrai coup de cœur, contrairement – je le sais – à beaucoup de fans. Il faut dire que je n’ai pas touché au 4, sautant directement du 3 au 5… et entre les deux opus, 9 ans se sont écoulés. J’y ai donc redécouvert un univers que j’adorais et y ai replongé avec plaisir.

La sortie de Civ 6 était donc pour moi forte de beaucoup d’attentes. Certaines sont là, d’autres…non. Retour sur un bon jeu qui ne restera malheureusement pas dans les annales.

Synopsis (parce qu’on ne peut parler de Scénario) : Pour ceux qui ne connaissent pas la série (non mais sérieusement…vous avez vécu dans une grotte ces 20 dernières années ?), Civilization est un jeu de gestion qui vous propose de prendre le contrôle…d’une civilisation. Bah oui, à la glorieuse époque des débuts du jeu vidéo, on pouvait encore se permettre des titres simples et on ne peut plus justes !

L’idée est donc qu’avec votre bande de sauvages, vous débutez en -4000 avant notre ère, pour parcourir les siècles jusqu’à nos jours… et même un peu au-delà. Mais pas de beaucoup…et c’est mon premier regret.

Car, et soyons clairs, le premier et seul véritable reproche que je fais au géant Meier, c’est de ne pas assez lorgner sur ce qui se fait à la concurrence… ni même chez lui ! J’aurais aimé pouvoir avancer bien en avant dans le futur comme dans un Anno 2205 (bien que très moyen), ou même dans l’Espace comme il a su le faire avec Beyond Civilization (trop moyen, pour le coup). Au lieu de cela, nous avons éternellement la même rengaine avec les même objectif finaux. Pour le coup, les habitués ne seront pas dépaysés.

On peut donc faire évoluer son petit peuple de l’âge de pierre à l’âge moderne, tout en scellant des alliances et en déclarant des guerres. Les victoires peuvent être technologiques (première civilisation à coloniser Mars), militaires (vous êtes la dernière nation debout du monde), religieuses (vous avez fondé une religion et tout le monde y est converti) ou culturelles (avoir plus de touristes que n’importe qui au monde). Autant vous dire que de ce côté là, il y aura assez à faire pour s’occuper un LONG moment, comme toujours avec la série.

Le taux de rejouabilité y est, comme toujours, excellent. D’autant que le jeu dispose de suffisamment de subtilité pour vous donner ce goût de reviens-y si particulier au genre… Et nous allons voir pourquoi (belle transition, hein ?)

Gameplay : C’est ici que les plus gros changements s’opèrent. On retrouve avant toute chose à peu près la même tambouille que d’habitude : les principales civilisations sont là, et seuls les dirigeants changent. On retrouve toujours le même système de bonus propre à chacune. Bref les bases sont là.

Par contre, les nouveautés sont foison. Désormais, vos villes se découpent en quartiers que vous devrez bâtir individuellement tout en faisant bien attention à leur emplacement. Ainsi mettre un quartier résidentiel près d’un point d’eau vous apportera plus de population, mais le mettre à côté d’un camp militaire ou d’une zone industrielle est une mauvaise idée. De même, certaines constructions indispensables tel que l’Aqueduc ne peuvent être faites qu’à proximité du centre-ville et d’un point arable. Chacun de ces quartiers évoluera séparément pour vous octroyer des bonus qui leur sont relatifs. De même, en cas d’invasion les quartiers peuvent être pillés, et donc détruits.

La construction des villes demande donc un peu plus d’attention que par le passé, et c’est d’ailleurs le gros plus du jeu. Selon votre façon de jouer et les ressources alentours, vous allez ainsi pouvoir facilement concevoir une ville concentrée sur la production de nourriture, la technologie, la religion, ou la production de troupes.

Pour finir sur ces quartiers, ils peuvent également être améliorés et vous offrir une aide non négligeable. Je pense tout particulièrement au Camp Militaire, qui dispose comme une ville d’un rempart et d’unités de défense. Très utile donc lors d’une invasion ennemie.

Concernant les chamboulements, je parlerai également de deux révolutions dans la série concernant les Marchands et les Ouvriers. Contrairement aux précédents opus, les Ouvriers ne sont plus des unités éternelles. Chacune dispose d’un nombre limité d’action (2 ou 3 en fonction des civilisations) avant de disparaître. Cela en fait l’unité la plus produite du jeu, mais également l’une des plus précieuses. On veillera à deux fois avant de la laisser se faire capturer par l’ennemi…et on traquera allègrement celles des nations en guerre. Les négociants bénéficient également d’un renouveau puisque, en plus de vous apporter or et nourriture, ce sont EUX (et non plus les ouvriers) qui vont bâtir les routes. Établir une route commerciale sera donc indispensable pour minimiser la durée de progression de vos unités sur votre territoire.

Vous l’aurez compris, toutes ces nouveauté chamboulent drastiquement les habitudes de la série, et offrent une nouvelle façon de jouer fort appréciable. Les choix de production sont souvent cornéliens, d’autant plus que le bonheur de vos concitoyens est également bien plus difficile à obtenir… forcément. De fait, les révolutions peuvent être nombreuses et sanglantes, surtout dans les parties ou vous briguez la victoire militaire. L’harassement lié à la guerre va vite devenir une épée de Damoclès au-dessus de votre tête immortelle, car lorsqu’un soulèvement s’opère au pire moment, cela peut rapidement changer le cours de la partie…

Le côté gestion / évolution de votre civilisation est donc totalement maîtrisé, et est un véritable plaisir. Oui mais…

Nous voilà face au gros point noir de la bête. L’intelligence artificielle. Totalement à la ramasse, vous pourrez passer tantôt des parties dans la plus grande quiétude, tantôt vous voir la guerre déclarée par l’ensemble du monde connu en moins de 1000 ans…même sans être belliqueux. Les dialogues avec les différents chefs de nation ne servent tout simplement à rien, tant ils sont tirés par les cheveux. Vous allez pouvoir vous voir promettre mille fois par ceux-ci d’arrêter de convertir vos ouailles, de construire près de vos villes, de vous espionner… et aucun ne s’arrêtera jamais. De même, vous allez rapidement faire l’impasse sur les échanges commerciaux. Les propositions sont bien souvent ubuesque, et pour une pièce d’or en moins le dirigent adverse peut soudainement vous réclamer l’ensemble de vos villes…

Là ou l’I.A. du 5 était fort appréciable, je pense qu’elle a tout simplement été oubliée dans cet opus.

De même, je regrette TRÈS fortement que les options de dialogues sont toujours aussi peut nombreuses. Impossible ainsi d’avoir une politique extérieure véritablement poussée comme un Romance Of The Three Kingdoms peut nous le proposer depuis des années… Un gros point noir de la série selon moi, qui pourrait à lui seul justifier sa note finale.

Autre point que je trouve dommageable : le peu de prise de risque. Okay, le jeu nous propose de jouer un gouvernement fasciste et totalitaire… Mais pourquoi ne pas aller au bout en proposant, par exemple, des camps de travaux forcés ? Pourquoi l’esclave s’obstine-t-il a être abonné aux absent de toutes les versions ? Pourquoi ne peut-on pas entamer une révolution contre le pouvoir en place (j’adorerais pouvoir renverser mon propre gouvernement Capitaliste pour mettre en place un régime Communiste par exemple !) ? Pourquoi n’a-t-on toujours pas de civilisation Juive ?

Je vous choque ? Le jeu ne se veut pas politiquement correct, il se veut historique. Alors autant aller jusqu’au bout au lieu de ne pas vouloir froisser le grand nombre. L’esclavage fait partie de l’histoire de l’humanité, comme un fardeau qu’elle devra se traîner jusqu’à la fin des temps. On ne peut pas nier son existence. Tout comme on ne peut nier le totalitarisme ou les cultes extrémistes (présents dans le titre, puisque celui-ci vous permet de devenir un véritable Dieu vivant et d’entamer des Guerres Religieuses). Le respect de l’autre est une valeur essentielle, mais le devoir de mémoire doit être là. Ou alors qu’ils retirent toute mention au Fascisme. Et pourquoi pas à la politique en générale ? Voire au génocide des autre nations à grands coups de bombe atomique ? Enfin merde quoi ! On ne peut pas dire « RAF des Japonais de leur traumatisme de la Bombe H, mais par contre pas touche Goulags ! »

Graphismes. Oulà… euh…comment dire… Je ne suis pas, mais alors pas DU TOUT fan de la nouvelle direction artistique. Plus proche des Civilization Revolutions que des anciens opus, on y trouve des dessins… caricaturaux et grossiers… pour représenter les Dirigeants. Une vraie déception de ce côté là, mais que je ne sanctionnerai pas. Étonnant ? Pas tant que ça. C’est un parti pris, et je le respecte.
InGame par contre, le rendu final est bien agréable à la pupille. Le zoom plus intense qu’auparavant nous permet d’apprécier nos petites fourmis à l’œuvre, ou de visualiser l’ensemble de la map sans le moindre petit lag. Très appréciable, donc.

Bande son : Rien à dire de ce côté-là. Les musiques sont très bien orchestrées et évoluent sur la même boucle tout du long. Le plus, c’est que les instruments et les accords aussi évoluent en fonction des époques. Les doublages sont très bons, d’autant que chaque dirigeant parle dans sa langue natale.

Conclusion : Ce Civilization fait parti du haut du panier dans la série, tant ses nouveautés de Gameplay sont nombreuses et appréciables. Cependant, l’I.A. aux fraises et un parti pris artistique trop cartoonesque à mon goût feront que je retournerai plus vite vers le 5.

Pas de note
0/10
   J’aime bien les jeux de gestion mais vous savez que je ne joue pas sur PC. Et oui, certaines fiches ne sont écrites que par l’un ou l’autre parfois.

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